Neil_Amstrong

« Neil Armstrong, un homme venu d’une autre planète ? » : c’est bien la question que l’on peut se poser, de la part de quelqu’un dont le pouls, avant le décollage de sa fameuse mission Apollo 11, n’excédait guère les 60, ce qui est difficilement imaginable, sachant que le seul fait d’envoyer un élève au tableau devant toute sa classe suffit à surclasser ce nombre. Et durant toute sa carrière, un certain nombre d’évènements a bien pu confirmer son légendaire calme et son immense capacité à gérer les situations critiques, ce qui a fait de lui l’un des meilleurs astronautes de l’histoire de la conquête spatiale, avec notamment John Young, de la même époque.

 

Ses débuts

Neil Armstrong n’est pas issu de la première génération d’astronautes de la NASA (comme Alan Shepard, par exemple) sélectionnée à l’époque pour lancer l’aventure spatiale habitée des Etats-Unis, à travers le fameux projet Mercury, petite capsule rudimentaire à une place qui était propulsée par un missile balistique intercontinental (ICBM) : le Redstone (pour les vols suborbitaux) et le Atlas (pour les vols orbitaux, et inauguré par le non moins fameux John Glenn).

Suite à ces succès, et à la décision du président Kennedy de conquérir la lune, l’exceptionnel (et trop peu connu du grand public) programme Gemini, sans lequel Apollo n’aurait jamais pu exister, a été lancé dans le début des années soixante, afin d’apprendre à faire toutes les opérations qui étaient nécessaires pour envoyer un homme sur la lune : la sortie spatiale, les rendez-vous orbitaux, etc.  

C’est à cette occasion que le jeune Armstrong a intégré le corps prestigieux des astronautes de la NASA en 1962, après, faut-il le noter, avoir volé sur des avions-fusées expérimentaux comme le Bell X-1B (premier avion à avoir dépassé la vitesse du son), le Bell X-5 et le North American X-15 (7 vols, dépassant la limite spatiale de 100 km d’altitude, et donnant ainsi le statut d’astronaute à ses pilotes).

 

L’incident Gemini 8

Et pourtant, c’est un incident gravissime qui a révélé Neil Armstrong, comme étant un astronaute exceptionnel.

Pour son premier vol spatial (1966), sur une capsule Gemini 8, sont prévus : un rendez-vous, un amarrage avec l'étage d’une fusée Agena et la deuxième sortie spatiale américaine.

Après la mise en orbite de l’équipage, et l’amarrage réussi avec Agena, le petit train spatial commence à tourner, de manière non désirée, sur lui-même, malgré les corrections que Neil Armstrong tente d’opérer avec les commandes de la capsule. Ne réussissant à stabiliser l'ensemble, Armstrong décide de larguer l’étage de la fusée, de manière à ce que Gemini redevienne totalement autonome.

Non seulement cela ne règlera pas le problème (qui vient donc du système de stabilisation de la capsule elle même), mais l’inertie plus faible de l’engin spatial a pour conséquence d’augmenter le taux de rotation subi par les astronautes, atteignant un tour par seconde.

Armstrong désactive alors le système de contrôle d'attitude (qui s’avèrera avoir été victime d’un problème électrique) et initialise les rétrofusées RCS pour une rentrée sur Terre.

D’aucuns disent que c’est à l’issue de ce sang froid, que Neil Armstrong, surnommé « Mister Cool » par ses coéquipiers, a gagné son billet pour la première mission lunaire (qui s’avèrera être Apollo 11), de par sa capacité à gérer les imprévus. Il sera accompagné par Buzz Aldrin, dit « Docteur Navigation », qui savait se repérer dans l’espace comme personne. 

 

Le crash du LLRV-1

Afin que les astronautes du programme Apollo puissent s’entrainer à l’alunissage autrement que sur les simulateurs de l’époque très peu réalistes (et consistant en une caméra fixée sur un système à deux axes et naviguant dans un paysage en carton), le LLRV (pour Lunar Landing Research Vehicle) fut un aéronef à décollage et atterrissage à la verticale, développé par la NASA : il reproduisait le comportement en vol du module lunaire dans sa gravité.

Lors d’un vol d’entrainement en mai 1968, le LLRV connaît un problème technique, alors que Neil Armstrong en est aux commandes : il arrive à sortir totalement indemne de cet accident, grâce à son siège éjectable qu’il activera au moment où il n’avait plus le choix.

L’après-midi de son crash, ses collègues le surprendront à son bureau, à régler quelques dossiers, alors qu’il avait échappé à la mort, le matin même.

 

Le bug Apollo 11

Lors de la mission Apollo 11, le module lunaire (LEM), dans lequel se trouvent nos deux astronautes qui vont marcher sur la lune, se désarrime du module de commande (qui reste autour de notre satellite naturel), afin d’engager la désorbitation et l’alunissage.

Buzz Aldrin a l'idée, malgré la check-list, de laisser le radar de rendez-vous, permettant à l’ordinateur de bord du LEM de savoir où se situe le module de commande, allumé, de manière à pouvoir faire un retour rapide, si il y avait un problème au moment de l’alunissage.

Problème : L’ordinateur de bord du LEM, bien moins puissant qu’un téléphone portable, ne peut gérer deux radars en même temps, et lorsque le radar altimétrique donnant l’altitude du LEM avant de se poser se met en route, l’ordinateur de bord surchargé déclare forfait.

C’est ainsi que Neil Armstrong prendra les commandes du LEM pour le poser en mode manuel, alors que son engin spatial se dirigeait tout droit vers un cratère qu’il a du éviter par un vol horizontal, restant alors une demi-minute de carburant.

Le grand public connaît la suite, les premiers pas de l’homme sur notre astre, alors que suite à cette mission, Buzz Aldrin entamera une déprime pour n’avoir été le premier homme à marcher sur la lune, seulement la configuration du LEM plaçait l’écoutille de sortie du coté du commandant, et il n'en aurait été possible autrement.

Un homme exceptionnel, qui ne peut que susciter l’admiration, et servir de modèle pour de nombreux pilotes et astronautes de notre époque moderne…

 

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